Le Huascaran 

Le mont Huascarán, aussi nommé en espagnol Nevado Huascarán, signifiant « enneigé », est le point culminant du Pérou avec 6 768 mètres d’altitude. On distingue en fait deux sommets Huascarán : le plus haut, le Huascarán Sur à 6 768 mètres est séparé par le col de la Garganta du Huascarán Norte, moins élevé et d’une altitude de 6 655 mètres. Situé dans la Cordillère Blanche, dans la région d’Ancash, il a donné son nom à une réserve biologique : le parc national de Huascarán.

Histoire 

Les premières explorations du massif montagneux du Huascarán commencèrent dans les années 1860. Mais c’est l’Américaine Annie Smith Peck, après deux tentatives manquées en 1904 et 1906, qui fut la première à atteindre le sommet du nord, le moins élevé des deux, le 2 septembre 1908, accompagnée de deux guides suisses.
Le Huascarán Sud, le plus haut des deux pics, fut atteint beaucoup plus tard, le 20 juillet 1932, par une expédition du Club alpin austro-allemand d’une douzaine de personnes conduite par Dr Phillip Borchers. Après cinq jours d’escalade dans la neige, les alpinistes plantèrent au sommet les deux drapeaux, allemand et péruvien.

De juillet à septembre 1979, l’alpiniste et médecin Nicolas Jaeger vécut 60 jours seul à 6 700 mètres, juste à côté du sommet du Huascarán. Il étudia les effets de l’hypoxie sur son organisme, écrivit le livre Carnet de solitude et y réalisa le film Opération Survie.

Le 11 janvier 1962, durant une phase de dégel, une partie du sommet nord s’est rompue, entraînant une avalanche de roches et de glace qui a détruit une dizaine de villages, dont celui de Ranrahirca, et a provoqué la mort d’environ 3 500 personnes.

Le 31 mai 1970, un violent tremblement de terre de magnitude 7,8 au large de la ville de Chimbote a causé l’éboulement d’une énorme quantité de granite et de glace dans des lacs à proximité du glacier Huascarán. Le débordement des lacs a provoqué la formation d’une lave torrentielle qui a enseveli dix villages et une grande partie de la ville de Yungay. 18 000 à 22 000 personnes ont été tuées dans l’une des pires catastrophes naturelles que connut le Pérou au cours du XXe siècle. Il n’y eut que 400 survivants. La ville a été ensevelie par une coulée de glace et de roches d’une épaisseur de 12 à 30 mètres qui a dévalé dix kilomètres en trois minutes. Le mouvement de masse a aussi détruit pour la seconde fois le village de Ranrahirca. La ville de Yungay a été reconstruite plus haut et à l’écart du Huascaran. L’ancien site est devenu cimetière national. Seul le clocher de la cathédrale dépasse et trois palmiers de la place sont restés debout.

Ascension

La voie normale du Huascaran Sud chemine astucieusement sur un glacier tourmenté. Elle franchit un passage particulièrement exposé aux chutes de séracs, la “canaleta” (gouttière en espagnol) entre le camp 1 et le camp 2 avant d’arriver sur “la Garganta”, très vaste col entre les sommets N et S où se situe le camp 2.

L’ascension est habituellement réalisée sur 6 jours, depuis le village de Musho. Cependant certaines étapes peuvent être enchaînées, comme la montée au camp de base et au camp 1, ou la descente complète depuis le camp 2. Dans tous les cas, la canaleta doit être passée très tôt à la montée comme la descente, ce qui impose une 2e nuit au camp 1 ou camp moraine après le sommet.

J1 : Musho (3000 m) – Camp de base (4200 m)
Du village de Musho, suivre vers le N un sentier qui longe d’abord la rivière avant de passer dans la forêt. Le camp de base est situé au pied des dalles situées sous le glacier. Torrent à proximité. Possibilité de réaliser cette étape avec une mule pour porter les sacs. Les animaux ne vont pas plus loin.

J2 : Camp de base (4200 m) – Refuge (4650m) ou Camp Moraine (4700m)

Poursuivre jusqu’au refuge par les dalles en traversée ascendante vers l’E. L’itinéraire est assez bien marqué avec cairns et traces de peinture rouge. Bien penser à traverser à droite dans les endroits paumatoires. Après le refuge, monter plein N par des dalles en direction du glacier, au pied duquel un camp moraine existe

J3 : Camp Moraine – Camp 1 (5300 m)
Prendre pied sur celui-ci à 5000 m environ et rejoindre le camp 1 sur un replat au NE

J4 : Camp 1 (5300 m) – Camp 2 (5900 m) et passage de la “Canaleta”

Attaquer la montée au NE à travers les crevasses. Des passages raides peuvent être rencontrés selon les conditions (30 m à 45° en août 2017). On arrive au début de la “Canaleta” vers 5700 m environ. Traverser la “Canaleta” vers le N à travers les nombreux résidus d’avalanche (compter 1/2h à 1h d’exposition selon l’état de forme et le poids du sac). Une dernière montée permet d’accéder au camp 2. Compter 3 à 5h à la montée et prévoir de passer la “Canaleta” très tôt le matin.

J5 : Camp 2 – Sommet (+900 m) – Descente Camp Moraine

Du camp 2 gagner le col (la Garganta) 50 m au-dessus. Monter ensuite dans la large face W du Huascaran S en contournant les nombreux séracs (exposé aux avalanches). La pente se redresse entre 6100 m et 6400 m (40-45°) avant de s’adoucir progressivement jusqu’au sommet. Descente par le même itinéraire.

J6 : Descente Camp Moraine – Camp de base (4200 m)- Musho
Idem J2 et J3 au retour. Passer la canaleta au petit matin.